Arrêter de fumer avec la cigarette électronique : ce que disent les autorités
Beaucoup de fumeurs se tournent vers la cigarette électronique pour arrêter. Les autorités de santé ne disent pas toutes la même chose, et les connaissances évoluent. Voici ce qui est établi, ce qui reste débattu, et comment utiliser la vape si vous la choisissez.
La cigarette électronique chauffe un liquide, souvent nicotiné, sans combustion. Son efficacité pour arrêter de fumer est débattue. Les autorités françaises invitent à ne pas décourager un fumeur qui arrête avec la vape, mais recommandent de proposer d’abord les traitements validés.
Vapoter semble moins dangereux que fumer, sans être sans risque. Fumer et vapoter en même temps ne réduit pas les risques : l’objectif reste l’arrêt complet du tabac, puis de la vape.
Qu’est-ce qu’une cigarette électronique ?
Une cigarette électronique, ou vapoteuse, comporte une batterie, une résistance et un réservoir contenant un e-liquide, souvent aromatisé, avec ou sans nicotine. En France, il contient au plus 20 mg de nicotine par millilitre. Chauffé, ce liquide forme un aérosol que l’on inhale (Tabac Info Service). Il n’y a pas de combustion, contrairement à la cigarette.
Ce n’est pas un produit de santé : ni vendue en pharmacie ni remboursée, elle est moins contrôlée qu’un médicament.
En 2024, 7,9 % des personnes de 18 à 79 ans déclaraient vapoter, dont 6,1 % tous les jours, selon Santé publique France. Presque tous les vapoteurs quotidiens ont un lien avec le tabac : près de la moitié fument aussi, et la moitié sont d’anciens fumeurs.
Aide-t-elle à arrêter de fumer ?
Ce que montrent les études
Santé publique France cite la dernière revue Cochrane, qui rassemble les essais contrôlés : elle conclut que les cigarettes électroniques avec nicotine aident probablement à arrêter de fumer, et pourraient même être plus efficaces que les substituts nicotiniques. Et les observations en population sont contrastées : la vape est parfois associée à davantage de tentatives d’arrêt, mais aussi à des rechutes quand son usage se prolonge.
La position des autorités françaises
Les recommandations du ministère de la Santé (2022), reprises par la Haute Autorité de santé (HAS) en 2023, jugent les preuves scientifiques insuffisantes pour affirmer que la vape aide à arrêter, tout en admettant qu’un adulte l’utilise par choix personnel.
En pratique, les autorités invitent à ne pas décourager les fumeurs qui ont commencé à arrêter avec la vape. Celle-ci peut être utilisée dans une démarche stricte d’arrêt du tabac, notamment par des personnes très dépendantes à la nicotine, après un échec ou des difficultés avec les traitements validés, ou par préférence. Son usage doit alors rester limité dans le temps.
Les traitements validés restent à proposer en premier : les substituts nicotiniques et, en seconde intention, certains médicaments sur ordonnance.
La position de l’OMS
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) est plus réservée. Elle estime que l’efficacité des cigarettes électroniques vendues comme produits de consommation n’a pas été prouvée pour l’arrêt du tabac au niveau de la population. Elle recommande les aides qui ont fait leurs preuves : conseil d’un professionnel, ligne d’aide, substituts et médicaments.
Est-ce moins dangereux que fumer ?
Moins de substances toxiques que la fumée
La fumée de cigarette contient 7 000 substances chimiques, dont 70 cancérigènes connus. Sans combustion, la vapoteuse évite une partie des substances les plus toxiques, comme le monoxyde de carbone et les goudrons. D’après les connaissances actuelles, vapoter semble moins dangereux que fumer.
Mais pas sans risque
Le vapotage présente lui aussi des risques, notamment cardiovasculaires, respiratoires et cancérogènes. Ses émissions contiennent des composés toxiques pour les poumons, et des études l’associent à davantage d’asthme et de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), y compris chez des personnes qui n’ont jamais fumé (Santé publique France). Ses effets à long terme ne sont pas encore connus.
La nicotine est très addictive. Une personne qui ne fumait pas peut devenir dépendante en vapotant. Les e-liquides peuvent aussi intoxiquer un enfant qui les avale : rangez-les hors de sa portée.
Le piège du « vapo-fumage »
Fumer et vapoter en même temps (« vapo-fumage ») est fréquent. Selon les recommandations reprises par la HAS, il n’est pas associé à une diminution des risques pour la santé, et il est déconseillé. L’OMS juge ce double usage au moins aussi dangereux que la cigarette seule. Même quelques cigarettes par jour restent nocives.
Il est conseillé de limiter cette période dans le temps. Les fumeurs les plus dépendants peuvent la prolonger pour éviter de revenir au tabac seul, mais un accompagnement par un professionnel de santé est alors recommandé.
Si vous choisissez la vape pour arrêter
Être suivi par un professionnel de santé augmente considérablement les chances de réussir son arrêt du tabac. Voici quelques repères :
- la vape ne devrait être utilisée que par des fumeurs, pour arrêter de fumer : si vous ne fumez pas, ne vapotez pas ;
- choisissez des produits conformes à la réglementation, achetés dans un commerce en France plutôt que sur internet ou dans la rue ;
- ne modifiez ni l’appareil ni les liquides, et n’y ajoutez pas d’huile de cannabis ou d’autres substances ;
- une toux ou une gorge irritée sont fréquentes les premiers jours.
Pendant la grossesse, les produits du vapotage ne doivent pas être utilisés (recommandations reprises par la HAS) : les substituts nicotiniques sont préférables. Voir tabac et grossesse.
Enfin, la vente de produits du vapotage aux mineurs est interdite, et la vente des cigarettes électroniques jetables, les « puffs », est interdite en France depuis le 26 février 2025 (service-public.fr). Il est interdit de vapoter dans les établissements scolaires et ceux qui accueillent des mineurs, dans les transports collectifs fermés et dans les lieux de travail fermés et couverts à usage collectif.
Et après : arrêter la vape
Si vous utilisez la vape, l’objectif reste l’arrêt complet du tabac. Une fois cet arrêt consolidé, il est conseillé d’envisager l’arrêt de la vapoteuse. Par précaution, faute de connaître ses effets à moyen et long terme, elle doit rester un outil d’arrêt utilisé pour un temps, et non un produit de remplacement du tabac.
Aucun protocole validé par la HAS n’existe pour arrêter la vape : un tabacologue construit l’arrêt au cas par cas. En attendant, il est possible de :
- garder avec la vapoteuse les mêmes contraintes qu’avec une cigarette, par exemple vapoter dehors et jamais en voiture ;
- vapoter par moments, puis ranger l’appareil, plutôt qu’en continu tout au long de la journée.
Se faire aider
Les tabacologues de Tabac Info Service répondent gratuitement au 39 89. Pour préparer votre arrêt, voir comment arrêter de fumer, et pour une vue d’ensemble, notre page sur le tabac.
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La cigarette électronique aide-t-elle vraiment à arrêter de fumer ?
Il n'y a pas de consensus. Santé publique France cite une revue d'études selon laquelle la vape avec nicotine aide probablement à arrêter, mais les observations en population sont contrastées. Les autorités françaises jugent les preuves insuffisantes tout en invitant à ne pas décourager un fumeur qui arrête avec la vape. L'OMS estime son efficacité non prouvée à l'échelle de la population.
Vapoter est-il moins dangereux que fumer ?
D'après les connaissances actuelles, vapoter semble moins dangereux que fumer, car il n'y a pas de combustion : on évite le monoxyde de carbone et les goudrons. Mais la vape n'est pas sans risque : elle contient souvent de la nicotine, très addictive, et ses émissions comportent des substances toxiques. Ses effets à long terme sont encore mal connus. Le bénéfice suppose d'arrêter complètement le tabac.
Peut-on fumer et vapoter en même temps ?
C'est déconseillé. Selon les recommandations reprises par la Haute Autorité de santé, fumer et vapoter en même temps n'est pas associé à une diminution des risques, et l'OMS juge ce double usage au moins aussi dangereux que la cigarette seule. Même quelques cigarettes par jour restent nocives. L'objectif est l'arrêt complet du tabac, en limitant cette période dans le temps.
Peut-on vapoter pendant la grossesse ?
Non. Les recommandations reprises par la Haute Autorité de santé indiquent que les produits du vapotage ne doivent pas être utilisés pendant la grossesse, car la nicotine peut nuire au développement du fœtus. Pour une femme enceinte qui fume, les substituts nicotiniques sont préférables, avec l'accompagnement d'une sage-femme ou d'un médecin.
Comment arrêter la cigarette électronique ?
Il n'existe pas de protocole validé par la Haute Autorité de santé pour arrêter la vape. Il est conseillé de consulter un tabacologue, qui construit l'arrêt au cas par cas. En attendant, garder les mêmes règles qu'avec une cigarette, comme vapoter dehors et pas en voiture, et vapoter par moments plutôt qu'en continu aide à réduire l'usage.
Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis médical personnalisé.
