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Tabac et grossesse : les risques, et comment arrêter de fumer enceinte

⏱ 5 min de lectureRédigé par l'équipe éditoriale Eos CarePublié le Mis à jour le

Apprendre qu’on est enceinte quand on fume mêle souvent joie, inquiétude et culpabilité. Arrêter n’est pas toujours simple, mais des professionnels sont là pour vous aider, sans vous juger.

En résumé

Fumer pendant la grossesse augmente notamment les risques de fausse couche, d’accouchement prématuré et de retard de croissance du bébé.

Arrêter est bénéfique à n’importe quel moment de la grossesse, et d’autant plus que l’arrêt est précoce. Arrêter d’un coup ne présente pas de risque pour le bébé.

Les substituts nicotiniques peuvent être utilisés pendant la grossesse et l’allaitement, avec un suivi médical.

Fumer enceinte : quels risques ?

Selon la Haute Autorité de santé (HAS), fumer pendant la grossesse :

  • augmente le risque de fausse couche et de grossesse extra-utérine (l’embryon s’implante hors de l’utérus) ;
  • entraîne un retard de croissance du bébé et réduit son poids de naissance ;
  • augmente les risques de complications et de décès autour de la naissance.

Le tabac est aussi une cause d’accouchement prématuré et augmente le risque de mort du fœtus in utero (Santé publique France).

Pourquoi la fumée atteint le bébé

Le bébé reçoit son oxygène par le sang de sa mère. Quand elle fume, le monoxyde de carbone de la fumée traverse le placenta et prend la place de l’oxygène, et la nicotine gêne la circulation du sang. Le bébé manque d’oxygène et se développe moins bien. D’autres substances de la fumée, comme le cadmium, sont aussi toxiques pour lui.

Fumer moins, est-ce suffisant ?

Beaucoup de femmes réduisent spontanément leur consommation en apprenant leur grossesse. Selon le Baromètre de Santé publique France, parmi les mères qui fumaient au moment où elles ont appris leur grossesse, 45 % ont arrêté pendant la grossesse et 51 % ont réduit sans arrêter (2021).

Réduire est un premier pas, mais ce n’est pas suffisant. Il n’existe pas de seuil sans risque : même un petit nombre de cigarettes est mauvais pour la mère et le bébé. La HAS explique qu’en fumant moins, on inhale souvent la fumée plus profondément pour garder le même apport de nicotine, si bien que la toxicité peut rester la même. Les cigarettes « fines » ou « légères » ne protègent pas non plus. Mieux vaut donc se faire accompagner, avec l’arrêt comme objectif.

Il n’est jamais trop tard pour arrêter

L’idéal est d’arrêter avant la grossesse : le tabac réduit la fertilité des femmes comme des hommes, et elle redevient peu à peu normale après l’arrêt. Mais selon la HAS, arrêter à n’importe quel moment de la grossesse apporte des bénéfices à la mère et à l’enfant, d’autant plus importants que l’arrêt est précoce. Les programmes d’aide à l’arrêt pendant la grossesse réduisent les petits poids de naissance et les naissances avant terme.

Même tard, l’arrêt compte : c’est à la fin de la grossesse qu’il a le plus besoin d’oxygène.

Arrêter d’un coup ne présente aucun risque pour le bébé : il peut seulement ressentir un inconfort lié au manque de nicotine. Si vous avez fumé avant de savoir que vous étiez enceinte, culpabiliser n’aide pas : l’essentiel est d’arrêter maintenant et d’en parler à la personne qui suit votre grossesse.

Les aides pour arrêter enceinte

L’accompagnement

La HAS recommande aux professionnels de proposer une aide soutenue à l’arrêt dès la première consultation de grossesse, puis tout au long de celle-ci, sans culpabiliser. La sage-femme, le médecin ou le gynécologue qui vous suit est votre premier interlocuteur. Il peut vous orienter vers une consultation de tabacologie ou vers des thérapies cognitives et comportementales (TCC), qui aident à faire face aux envies de fumer.

Les substituts nicotiniques

Si arrêter est difficile, c’est souvent le signe d’une dépendance physique à la nicotine. Les substituts nicotiniques (patchs, gommes, pastilles…) sont alors autorisés. Leur utilisation encadrée pendant la grossesse est moins nocive que de continuer à fumer. Toutes les formes peuvent être utilisées, en privilégiant les formes orales.

Le médecin et la sage-femme peuvent les prescrire, et ils sont alors pris en charge par l’Assurance Maladie. Le dosage se décide avec eux. Pour en savoir plus, voir notre page sur les substituts nicotiniques.

Ce qui est déconseillé

  • Les médicaments varénicline et bupropion ne doivent pas être utilisés pendant la grossesse (HAS).
  • Les produits du vapotage ne doivent pas être utilisés pendant la grossesse, selon les recommandations reprises par la HAS. Pour les femmes enceintes dépendantes, on leur préfère les substituts nicotiniques. Voir notre page sur la cigarette électronique.

Le futur père et l’entourage

La fumée des autres, notamment celle du compagnon, fait aussi partie des risques pour la femme enceinte et le bébé. Mieux vaut éviter les lieux enfumés. Voir notre page sur le tabagisme passif.

C’est l’occasion d’arrêter à deux : la sage-femme peut aussi prescrire des substituts nicotiniques au futur père.

Après la naissance : allaitement et risque de reprise

Selon la HAS, fumer n’empêche pas d’allaiter, et l’allaitement reste recommandé dans l’intérêt de l’enfant. L’idéal est de ne pas fumer. Si vous fumez, mieux vaut fumer le moins possible, après la tétée plutôt qu’avant, dehors et loin du bébé. Les substituts nicotiniques peuvent être utilisés pendant l’allaitement ; la varénicline et le bupropion ne sont pas recommandés.

Fumer en présence d’un nourrisson double le risque de mort subite (Santé publique France).

Avec la fatigue et le stress des premiers mois, l’envie de refumer est fréquente. Selon la HAS, 80 % des femmes qui ont arrêté pendant la grossesse reprennent dans l’année qui suit l’accouchement. Mieux vaut anticiper ces moments avec un professionnel. Si cela arrive, ce n’est pas un échec : voir notre page sur la rechute.

Où trouver de l’aide ?

  • La sage-femme ou le médecin qui suit votre grossesse.
  • Une consultation de tabacologie près de chez vous.
  • Le 39 89, la ligne de Tabac info service, joignable du lundi au samedi de 8 h à 20 h : un tabacologue peut vous suivre gratuitement.

L’alcool et le cannabis posent aussi des questions pendant la grossesse : voir nos pages alcool et grossesse et cannabis et grossesse. Pour une vue d’ensemble, voir notre page sur le tabac et le tabagisme.

Pour découvrir l’accompagnement proposé par Eos Care, voir le programme Eos Care.

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Questions fréquentes

Est-ce dangereux pour le bébé d'arrêter de fumer d'un coup ?

Non. Selon Tabac info service, l'arrêt brutal de la cigarette ne représente aucun risque pour le bébé : il peut seulement ressentir un inconfort lié au manque de nicotine. Pour vous, le manque peut être difficile. C'est pourquoi les substituts nicotiniques, prescrits par votre médecin ou votre sage-femme, peuvent vous aider à arrêter plus sereinement.

Peut-on utiliser des patchs nicotiniques pendant la grossesse ?

Oui, avec un suivi médical. La Haute Autorité de santé indique que les substituts nicotiniques utilisés pendant la grossesse sont moins nocifs que de continuer à fumer, et que toutes les formes peuvent être utilisées, en privilégiant les formes orales. Votre médecin ou votre sage-femme adaptera le traitement.

Fumer moins pendant la grossesse, est-ce suffisant ?

Réduire est un premier pas, mais l'objectif reste l'arrêt complet. Selon Santé publique France, il n'existe pas de seuil sans risque : même un petit nombre de cigarettes est mauvais pour la mère et le bébé. Et selon la Haute Autorité de santé, en fumant moins, on inhale souvent la fumée plus profondément, si bien que la toxicité peut rester la même.

Peut-on allaiter quand on fume ?

Oui. Selon la Haute Autorité de santé, le tabagisme de la mère n'est pas une contre-indication à l'allaitement, qui reste recommandé dans l'intérêt de l'enfant. L'idéal est de ne pas fumer. Sinon, il est conseillé de fumer le moins possible, après la tétée plutôt qu'avant, dehors et loin du bébé. Les substituts nicotiniques peuvent être utilisés pendant l'allaitement.

J'ai fumé avant de savoir que j'étais enceinte : que faire ?

C'est une situation fréquente, et culpabiliser n'aide pas. Le plus utile est d'arrêter dès que possible : selon la Haute Autorité de santé, arrêter à n'importe quel moment de la grossesse apporte des bénéfices à la mère et à l'enfant, d'autant plus importants que l'arrêt est précoce. Parlez-en à la sage-femme ou au médecin qui suit votre grossesse, qui pourra vous proposer une aide adaptée.

Article rédigé par l'équipe éditoriale Eos Care

Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis médical personnalisé.

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