Cannabis pendant la grossesse et l'allaitement : risques et aide
Vous êtes enceinte, vous souhaitez l’être ou vous allaitez, et vous consommez du cannabis. Peut-être vous sentez-vous inquiète, ou coupable. Voici ce que disent les sources officielles sur les risques pour votre bébé, et où trouver une aide bienveillante.
Le cannabis est fortement déconseillé pendant la grossesse et l’allaitement.
Pendant la grossesse, il peut entraîner des complications, dont une naissance prématurée, et un poids de naissance plus faible. Des troubles du développement peuvent apparaître plus tard chez l’enfant.
Le cannabis passe dans le lait maternel, parfois jusqu’à 6 semaines après la dernière consommation.
Il est toujours possible d’en parler : les soignants qui suivent la grossesse et des équipes spécialisées accompagnent sans jugement, que l’on arrête ou non.
Ce que l’on sait des risques pendant la grossesse
Selon l’Enquête nationale périnatale de l’Inserm, 1,1 % des femmes ont déclaré avoir consommé du cannabis pendant leur grossesse en 2021, contre 2,1 % en 2016.
Le cannabis peut être à l’origine de complications pendant la grossesse. Elles peuvent entraîner des naissances prématurées ou, dans les cas les plus graves, mettre en danger la vie du fœtus et celle de la mère.
Les dommages d’une exposition du fœtus au cannabis sont bien documentés :
- à la naissance, un poids plus faible. Les enfants dont la mère fume du tabac et du cannabis pèsent en moyenne 200 grammes de moins que ceux dont la mère ne fume pas ;
- plus tard, pendant l’enfance ou l’adolescence, des conséquences liées à l’action du cannabis sur le cerveau et à des troubles du neurodéveloppement.
Les femmes qui consomment du cannabis ont aussi un risque plus élevé de fausse couche et de grossesse extra-utérine, selon des études parfois controversées.
Ces risques restent difficiles à mesurer. Le cannabis est le plus souvent mélangé à du tabac, et il est compliqué de distinguer les risques de l’un et de l’autre. Les recherches ne donnent pas encore toutes les réponses : la prudence est donc de mise.
Les conditions de vie comptent aussi : l’isolement, la précarité et l’absence de soins peuvent être à l’origine de complications. À l’inverse, un suivi qui prend en compte la santé, la situation sociale et le vécu psychologique améliore nettement le déroulement de la grossesse et de la naissance.
À la naissance
Les bébés exposés au cannabis pendant la grossesse peuvent avoir des sursauts et des tremblements à la naissance. Cela ne dure pas, et les soignants de la maternité savent soulager ces symptômes.
Avant la grossesse : le cannabis et la fertilité
Des études montrent qu’il modifie l’équilibre hormonal nécessaire à la reproduction :
- chez l’homme, il diminue la production de sperme, la mobilité des spermatozoïdes et leur durée de vie ;
- chez la femme, il augmente le risque de kystes de l’ovaire et d’infertilité en cas de consommation dans l’année qui précède la tentative de conception.
Ces études sont parfois controversées, mais par précaution, il est conseillé d’arrêter le cannabis et le tabac dès le projet de grossesse. Le message de prévention le résume : « alcool, tabac, cannabis : j’arrête dès que j’arrête la contraception ».
J’ai consommé avant de savoir que j’étais enceinte
C’est une situation fréquente. Les conséquences éventuelles pour le bébé dépendent de plusieurs facteurs : conditions de vie, produit consommé, intensité et mode de consommation.
Parlez-en aux soignants qui suivent votre grossesse (sage-femme, gynécologue, échographiste) : ils pourront répondre à vos questions et être attentifs lors des échographies. Si c’est trop difficile à aborder avec eux, une équipe spécialisée peut vous recevoir et vous écouter sans jugement. Autant que possible, évitez ensuite de consommer des drogues, des médicaments ou de l’alcool pendant la suite de la grossesse. Pour l’alcool, voir alcool et grossesse.
Cannabis et allaitement
Selon Drogues Info Service, il est déconseillé de consommer du cannabis pendant toute la période de l’allaitement. Le cannabis s’élimine lentement du lait maternel : il peut s’y retrouver jusqu’à 6 semaines après la dernière consommation.
Ses effets exacts sur le bébé ne sont pas encore bien connus. On observe parfois, chez les bébés exposés, une succion moins vigoureuse ou une somnolence. À plus long terme, certaines études évoquent un possible retard du développement moteur, d’autres ne montrent aucun effet.
En cas de consommation régulière, deux options existent : arrêter le cannabis pour continuer à allaiter, avec une aide si besoin, ou choisir un autre mode d’alimentation pour le bébé. L’important est de trouver une solution qui vous convienne, accompagnée par un professionnel de santé.
Dans tous les cas, ne laissez pas votre bébé exposé au produit ni à la fumée, gardez le cannabis hors de sa portée, et confiez votre bébé à quelqu’un si vous ne vous sentez pas en état de vous en occuper.
Arrêter ou réduire : se faire aider sans jugement
Si le cannabis s’est installé dans votre vie, il est normal qu’arrêter vous paraisse difficile, voire impossible. Il vaut mieux ne pas rester seule avec cette difficulté. Informer le soignant qui suit votre grossesse vous permettra d’avoir une prise en charge adaptée et le meilleur accueil pour votre bébé. Que vous décidiez d’arrêter ou non, cet accompagnement compte beaucoup pour vous et votre enfant. La grossesse fait d’ailleurs partie des situations qui rendent une consommation de cannabis plus préoccupante : c’est une raison d’en parler, pas d’avoir honte.
Des équipes spécialisées (gynécologues, sages-femmes, pédiatres, psychologues…) accompagnent les femmes enceintes en difficulté avec les drogues. Elles reçoivent sans jugement, quelles que soient vos possibilités : arrêt, diminution ou poursuite de la consommation, pendant la grossesse et après la naissance.
D’autres aides existent :
- les CSAPA (centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie), gratuits et confidentiels ;
- Drogues Info Service, au 0 800 23 13 13, anonyme et gratuit, tous les jours ;
- l’application gratuite Jeanne, pour arrêter ou diminuer le cannabis ;
- le site 1000-premiers-jours.fr de Santé publique France, qui propose des informations et des outils d’aide à l’arrêt pendant la grossesse.
Si vous fumez vos joints avec du tabac, voir aussi tabac et grossesse. Pour le manque à l’arrêt, voir le sevrage du cannabis ; pour préparer l’arrêt, arrêter le cannabis ; pour une vue d’ensemble, la page cannabis. Pour découvrir l’accompagnement proposé par Eos Care, voir la page patients.
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Tiers payant, sans dépassement d’honorairesQuestions fréquentes
Quels sont les risques du cannabis pendant la grossesse ?
Le cannabis peut provoquer des complications de la grossesse, dont des naissances prématurées, et, dans les cas les plus graves, mettre en danger la vie du fœtus et de la mère. Il est aussi associé à un poids de naissance plus faible et à des troubles du neurodéveloppement chez l'enfant.
J'ai fumé du cannabis sans savoir que j'étais enceinte : que faire ?
Vous n'êtes pas seule : beaucoup de femmes apprennent leur grossesse après avoir consommé dans les premières semaines. Les conséquences éventuelles dépendent de plusieurs facteurs, dont le produit et l'intensité de la consommation. Il est conseillé d'en parler aux soignants qui suivent la grossesse ou à une équipe spécialisée, qui vous écouteront sans jugement, et d'éviter autant que possible de consommer ensuite.
Peut-on allaiter en consommant du cannabis ?
Le cannabis est déconseillé pendant toute la période de l'allaitement : il passe dans le lait maternel, où il peut rester jusqu'à 6 semaines après la dernière consommation. Ses effets sur le bébé sont encore mal connus. En cas de consommation régulière, parlez-en à un professionnel de santé pour choisir entre arrêter ou changer de mode d'alimentation.
Le cannabis empêche-t-il de tomber enceinte ?
Il peut rendre la conception plus difficile. Des études montrent qu'il modifie l'équilibre hormonal : chez l'homme, il réduit la production et la mobilité des spermatozoïdes ; chez la femme, il augmente le risque d'infertilité. Ces études sont parfois controversées, mais par précaution, il est conseillé d'arrêter le cannabis, et le tabac, dès le projet de grossesse.
À qui en parler si je n'arrive pas à arrêter ?
À la sage-femme, au gynécologue ou au médecin qui suit votre grossesse : les en informer permet une prise en charge adaptée. Il existe aussi des équipes spécialisées dans l'accompagnement des femmes enceintes qui consomment des drogues. Elles reçoivent sans jugement, que vous souhaitiez arrêter, diminuer ou que vous n'y parveniez pas encore, et vous accompagnent aussi après la naissance.
Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis médical personnalisé.
