Sevrage du cannabis : symptômes, durée et comment tenir
Vous avez arrêté le cannabis, ou vous allez le faire, et vous vous demandez ce qui vous attend. Savoir quels symptômes de manque peuvent apparaître, combien de temps ils durent et comment les traverser aide à tenir.
Chez les consommateurs réguliers, l’arrêt du cannabis peut provoquer des symptômes de manque : irritabilité, anxiété, troubles du sommeil, sueurs, perte d’appétit, tristesse.
Ils sont surtout présents les deux premières semaines, puis diminuent. Les troubles du sommeil peuvent durer quelques semaines.
Plus la consommation a été longue et fréquente, plus ces symptômes peuvent être difficiles à vivre et pousser à refumer.
Se préparer, prévenir son entourage et se faire aider permettent de mieux passer ce cap.
Qu’est-ce que le sevrage du cannabis ?
Chez les consommateurs réguliers de cannabis, des symptômes de manque peuvent apparaître à l’arrêt de la consommation : c’est le syndrome de sevrage. Ils font partie des signes d’une dépendance au cannabis.
Le sevrage du cannabis a été reconnu pour la première fois dans le DSM-5, la classification américaine des troubles mentaux publiée en 2013. Selon une revue de la littérature de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) et de la Fédération Addiction, la même année, il survient surtout chez les personnes qui consomment plusieurs fois par jour, les plus dépendantes.
La dépendance au cannabis est surtout psychologique. Il n’est pourtant pas anormal de ressentir des symptômes physiques pendant le sevrage : ils sont, pour la plupart, liés à un état anxieux.
Les symptômes du manque
Les signes les plus fréquents
Chez les consommateurs réguliers, l’arrêt du cannabis peut provoquer :
- un sentiment de mal-être, de l’irritabilité, du stress ;
- des troubles du sommeil : difficultés à s’endormir, réveils pendant la nuit ;
- des sueurs froides, une transpiration excessive ;
- des maux de tête ;
- des difficultés de concentration ;
- de l’ennui, de la tristesse, un manque de motivation ;
- une perte d’appétit ;
- de la colère, de l’agressivité ;
- de l’anxiété, une boule au ventre, un poids sur la poitrine.
D’autres signes sont parfois décrits : tremblements, nausées, fatigue, perte de poids. L’anxiété fait partie des symptômes de manque ; pour l’anxiété liée à la consommation elle-même, voir cannabis et anxiété.
Ce que retiennent les médecins
Pour parler de syndrome de sevrage, le DSM-5 demande au moins trois de ces signes, apparus dans les jours qui suivent l’arrêt d’une consommation importante et prolongée : irritabilité, colère ou agressivité ; nervosité ou anxiété ; insomnie ; baisse d’appétit ou perte de poids ; agitation ; humeur triste ou déprimée ; symptômes physiques comme des douleurs au ventre, des tremblements, des sueurs, de la fièvre, des frissons ou des maux de tête. Ces signes doivent causer une souffrance réelle ou gêner la vie quotidienne.
Une intensité variable
Ces symptômes varient d’une personne à l’autre, mais plus on a consommé longtemps et souvent, plus ils sont difficiles à vivre. Ils peuvent alors pousser à reconsommer : d’où l’importance de se préparer, voire de se faire accompagner.
Combien de temps dure le sevrage du cannabis ?
Les sources ne donnent pas exactement la même chronologie :
- selon Drogues Info Service, les symptômes surviennent généralement 3 à 4 jours après l’arrêt. Ils sont surtout présents les deux premières semaines, puis diminuent progressivement ;
- selon la revue de l’OFDT (2013), ils apparaissent dans les 24 heures qui suivent l’arrêt, atteignent un pic entre le 3e et le 7e jour, et disparaissent en trois à quatre semaines.
Dans les deux cas, les symptômes s’atténuent ensuite progressivement.
Le sommeil, plus long à revenir
Le cannabis aide parfois à s’endormir, mais il perturbe les cycles du sommeil et en altère la qualité. À l’arrêt, le sommeil ne retrouve pas tout de suite un rythme normal : on peut souffrir d’insomnie pendant une période transitoire de 3 à 4 semaines. Les rêves peuvent devenir plus intenses, et des cauchemars peuvent survenir.
Ces troubles sont très présents lors des deuxième et troisième semaines d’arrêt, et cette phase fatigante peut pousser à refumer. Pour en savoir plus, voir cannabis et sommeil.
Comment traverser le sevrage ?
Plusieurs conseils peuvent aider :
- Prévenez votre entourage que vous serez peut-être plus irritable pendant quelques jours.
- Face à la colère, essayez d’en analyser les raisons plutôt que de céder à l’envie de fumer : le cannabis apaisait le moment, pas les causes.
- Détendez-vous autrement : sport, sophrologie, relaxation.
- Ne compensez pas par plus de cigarettes, plus d’alcool ou des médicaments qui créent une dépendance.
- Pensez au tabac : si vous fumiez vos joints avec du tabac, le manque de nicotine peut augmenter le stress, les envies et les sentiments dépressifs. Des substituts nicotiniques peuvent le soulager ; demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.
L’application gratuite Jeanne, de Santé publique France, propose aussi des conseils pour faire face aux symptômes de sevrage. Pour préparer l’arrêt dans son ensemble (raisons, jour J, situations à risque), voir arrêter le cannabis.
Quand se faire aider ?
L’arrêt peut révéler des problèmes que la consommation masquait : troubles du sommeil, nervosité, irritabilité, anxiété. Ils peuvent décourager toute tentative de sevrage. Si les symptômes sont trop difficiles ou si vous refumez pour les calmer, parlez-en à un professionnel.
Selon la revue de l’OFDT (2013), aucun médicament n’a été démontré efficace pour traiter le sevrage du cannabis. L’aide repose sur l’accompagnement psychologique, et un médecin peut prendre en charge des troubles associés, comme l’anxiété ou une humeur dépressive.
Vous pouvez vous adresser :
- à votre médecin traitant ;
- à un CSAPA (centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie), gratuit et confidentiel. Avec ses professionnels, vous pouvez choisir un sevrage sans hospitalisation ou à l’hôpital, et être suivi bien après l’arrêt ;
- à une consultation jeunes consommateurs (CJC) si vous avez entre 12 et 25 ans ;
- à Drogues Info Service, au 0 800 23 13 13, anonyme et gratuit, tous les jours de 8 h à 23 h.
Après le sevrage
Une fois les symptômes passés, l’envie de cannabis peut revenir, notamment dans les situations associées à la consommation. Une reprise n’est pas un échec définitif : elle fait partie du parcours, et il est important de se remobiliser vite. La rechute est d’ailleurs davantage la règle que l’exception.
Pour une vue d’ensemble du cannabis, de ses effets et de ses risques, voir la page cannabis. Pour découvrir l’accompagnement proposé par Eos Care, voir le programme Eos Care.
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Combien de temps dure le sevrage du cannabis ?
Les symptômes de manque apparaissent en général 3 à 4 jours après l'arrêt, sont surtout présents les deux premières semaines, puis diminuent progressivement. Une revue publiée par l'OFDT en 2013 décrit un début dans les 24 heures, un pic entre le 3e et le 7e jour et une disparition en 3 à 4 semaines. Les troubles du sommeil peuvent durer quelques semaines.
Quels sont les premiers symptômes du manque de cannabis ?
Les plus fréquents sont l'irritabilité, le stress ou l'anxiété, les troubles du sommeil, la perte d'appétit et une humeur triste. On décrit aussi des sueurs froides, des maux de tête, des difficultés de concentration, de la colère et un manque de motivation. On ne les ressent pas tous, et leur intensité varie d'une personne à l'autre.
Pourquoi je n'arrive plus à dormir depuis que j'ai arrêté le cannabis ?
Le cannabis perturbe les cycles du sommeil. À l'arrêt, le sommeil ne retrouve pas tout de suite un rythme normal : l'insomnie est transitoire, de 3 à 4 semaines selon l'OFDT, avec des rêves plus intenses et parfois des cauchemars. Ces troubles sont très présents les deuxième et troisième semaines. Cette phase est fatigante, mais elle est passagère.
Le sevrage du cannabis est-il dangereux ?
La dépendance au cannabis est surtout psychologique, même si des symptômes physiques sont possibles pendant le sevrage, souvent liés à l'anxiété. Ils peuvent être très difficiles à vivre et pousser à reconsommer : n'hésitez pas à vous faire aider. Si vous avez des idées suicidaires, appelez le 3114 ; en cas d'urgence, le 15 ou le 112.
Existe-t-il un traitement pour le sevrage du cannabis ?
Selon la revue de la littérature publiée par l'OFDT et la Fédération Addiction en 2013, aucun médicament n'a été démontré efficace pour traiter le sevrage du cannabis. L'aide repose sur l'accompagnement psychologique. Un médecin peut toutefois prendre en charge des troubles associés, comme l'anxiété ou une humeur dépressive. Parlez-en à votre médecin ou dans un CSAPA.
Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis médical personnalisé.
