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Cannabis

Vomissements à répétition et cannabis : le syndrome d'hyperémèse cannabinoïde

⏱ 5 min de lectureRédigé par l'équipe éditoriale Eos CarePublié le Mis à jour le

Des nausées dès le matin, puis des crises de vomissements qui reviennent, des douleurs au ventre intenses, et un seul soulagement : une douche très chaude. Chez certaines personnes qui fument régulièrement du cannabis, ces symptômes ont une cause précise : le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde. Il est encore mal connu, y compris de certains soignants, et met parfois longtemps à être reconnu. Voici comment le repérer, et ce qui le fait disparaître.

En résumé

Le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde touche surtout des personnes qui consomment du cannabis régulièrement. Il provoque des crises de nausées, de vomissements et de douleurs abdominales.

Signe très particulier : les symptômes sont soulagés par des douches ou des bains chauds.

Il n’existe pas de médicament efficace : seul l’arrêt du cannabis fait disparaître le syndrome, en général en quelques jours.

Qu’est-ce que le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde ?

Le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde, aussi appelé « syndrome cannabinoïde », est un trouble lié à l’usage régulier de cannabis. Il se caractérise par des épisodes répétés de nausées et de vomissements, et des douleurs abdominales intenses.

Une revue de la littérature publiée en 2020 et référencée par l’OFDT le décrit par une triade : un usage chronique de cannabis, des troubles digestifs (nausées, vomissements cycliques, douleurs abdominales) et la prise compulsive de bains ou de douches chauds.

Les signes qui doivent alerter

Les signes avant-coureurs

Le syndrome est souvent précédé de signes plus discrets : nausées le matin, manque d’appétit, vomissements occasionnels. On décrit aussi, à cette phase, une peur de vomir et un inconfort abdominal. Il est conseillé aux personnes qui ressentent ces signes de réduire leur consommation.

La crise

La crise associe :

  • des vomissements fréquents et incontrôlables, qui peuvent entraîner une perte de poids et une déshydratation sévère ;
  • des nausées intenses et persistantes ;
  • des douleurs abdominales très intenses ;
  • parfois de la fièvre.

La crise dure en général moins d’une semaine et se répète environ tous les mois tant que la consommation continue.

Le soulagement par la chaleur

C’est le signe le plus caractéristique : les symptômes sont temporairement soulagés par des douches ou des bains chauds. Ce soulagement est si net qu’il pousse beaucoup de personnes à les répéter, parfois de façon compulsive. Le mécanisme reste inconnu.

Qui est concerné ?

Le syndrome survient surtout chez les usagers réguliers de cannabis, qui en consomment tous les jours ou toutes les semaines depuis plus d’un an. Le risque est plus élevé chez ceux qui consomment tous les jours.

Il n’existe pourtant pas de seuil de consommation défini ; ses facteurs déclenchants sont mal connus et varient d’une personne à l’autre.

Le nombre de cas semble augmenter depuis quelques années, ce qui pourrait s’expliquer par la hausse de la teneur en THC du cannabis. D’après l’OFDT, la teneur moyenne en THC de la résine est passée de 12,3 % en 2011 à 29 % en 2023.

Un syndrome encore mal reconnu

Les personnes atteintes passent souvent par les urgences, parfois à plusieurs reprises. Le syndrome est mal connu de certains soignants, et les examens médicaux ne montrent souvent rien de particulier. Il reste sous-diagnostiqué chez les adultes, et plus encore chez les adolescents.

Le diagnostic est clinique : il repose sur les symptômes et sur la consommation de cannabis. Il est recommandé d’interroger sur l’usage de cannabis et les douches chaudes toute personne jeune qui présente des vomissements cycliques, pour éviter des examens inutiles. Si vous consultez pour des vomissements à répétition, il est donc important de dire au médecin que vous consommez du cannabis : c’est ce qui lui permettra de faire le lien.

Comment le syndrome disparaît

L’arrêt du cannabis

Il n’existe pas de traitement médicamenteux efficace à ce jour, et aucune recommandation officielle pour la prise en charge du syndrome (revue de 2020). Les soins à l’hôpital servent surtout à soulager les symptômes et, si besoin, à corriger la déshydratation.

Seul l’arrêt définitif du cannabis fait disparaître le syndrome. Après l’arrêt, les symptômes disparaissent le plus souvent entre 12 heures et 3 jours. Si l’on reprend, les crises risquent de revenir de façon cyclique.

Distinguer la crise et le sevrage

L’arrêt du cannabis peut lui-même provoquer des symptômes de sevrage, dont certains ressemblent au syndrome : nausées, vomissements, perte d’appétit. Il est conseillé de boire régulièrement par petites gorgées, et de consulter votre médecin si les troubles durent plus d’une semaine. Pour le détail du manque, voir le sevrage du cannabis.

Et le CBD ?

Certaines personnes envisagent de remplacer le cannabis par du CBD. Si ce CBD contient du THC, les symptômes risquent de persister. Or des produits vendus comme CBD peuvent contenir plus de THC que la limite légale : selon une étude du réseau d’addictovigilance publiée en 2023 avec le soutien de la MILDECA, 12,6 % des échantillons analysés en contenaient davantage. Le HHC, parfois proposé comme alternative, est un cannabinoïde de synthèse dont les effets et les risques ne sont pas connus. Pour en savoir plus, voir CBD et cannabis.

Se faire aider pour arrêter

Les CSAPA (centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie) accueillent gratuitement et confidentiellement toute personne qui souhaite faire le point ou arrêter ; on y trouve des médecins addictologues qui connaissent ce syndrome. Drogues Info Service répond aussi au 0 800 23 13 13, de façon anonyme et gratuite.

Pour préparer l’arrêt, voir arrêter le cannabis, et pour une vue d’ensemble, le cannabis. Pour découvrir l’accompagnement proposé par Eos Care, voir le programme Eos Care.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce que le syndrome d'hyperémèse cannabinoïde ?

C'est un trouble lié à l'usage régulier de cannabis, qui se manifeste par des épisodes répétés de nausées intenses, de vomissements incontrôlables et de douleurs abdominales, parfois avec de la fièvre. Ces symptômes ont la particularité d'être soulagés temporairement par des douches ou des bains chauds. On parle aussi de « syndrome cannabinoïde ».

Pourquoi les douches chaudes soulagent-elles ?

On ne le sait pas encore : le mécanisme du soulagement par les bains chauds reste inconnu. Ce soulagement est si net que beaucoup de personnes enchaînent les douches chaudes pendant les crises. C'est d'ailleurs un signe qui aide les médecins à reconnaître le syndrome.

Combien de temps durent les symptômes ?

Une crise dure en général moins d'une semaine et peut se répéter environ tous les mois tant que la consommation continue. Après l'arrêt du cannabis, les symptômes disparaissent le plus souvent entre 12 heures et 3 jours (24 à 48 heures selon une revue de 2016 référencée par l'OFDT). Si les troubles durent plus d'une semaine, consultez votre médecin.

Existe-t-il un traitement ?

Il n'existe pas de traitement médicamenteux efficace à ce jour, et aucune recommandation officielle pour la prise en charge (revue de 2020 référencée par l'OFDT). Les soins à l'hôpital soulagent les symptômes, notamment en cas de déshydratation. Seul l'arrêt complet et durable du cannabis fait disparaître le syndrome et évite que les crises reviennent.

Le CBD peut-il remplacer le cannabis en cas de syndrome d'hyperémèse ?

Prudence. Si le CBD contient du THC, les symptômes risquent de persister. Les produits vendus comme CBD peuvent contenir du THC, et le HHC est un cannabinoïde de synthèse dont les effets et les risques ne sont pas connus. Mieux vaut en parler avec un professionnel en addictologie.

Article rédigé par l'équipe éditoriale Eos Care

Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis médical personnalisé.

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