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Cannabis

Cannabis et anxiété : bad trip, crises d'angoisse et arrêt

⏱ 5 min de lectureRédigé par l'équipe éditoriale Eos CarePublié le Mis à jour le

Beaucoup de personnes fument du cannabis pour se détendre. Pourtant, il peut aussi provoquer un bad trip ou entretenir une anxiété qui s’installe. Voici pourquoi, que faire face à un bad trip, et pourquoi l’anxiété peut monter à l’arrêt.

En résumé

Le cannabis peut détendre, mais aussi déclencher une angoisse intense : c’est le bad trip, possible dès la première prise.

Face à un bad trip, il ne faut pas laisser la personne seule, l’installer au calme et la rassurer. En cas de malaise inquiétant, appelez le 15 ou le 112.

Consommer pour calmer son anxiété peut entretenir un cercle vicieux : l’anxiété revient dès qu’on arrête, ce qui pousse à reconsommer.

À l’arrêt, l’anxiété fait partie des symptômes de manque ; elle diminue en quelques semaines. L’anxiété se soigne : il existe des aides.

Détente ou angoisse : pourquoi le cannabis peut faire les deux

Parmi les effets recherchés par les consommateurs figurent une sensation de détente et une réduction du stress et de l’anxiété ; certains fument pour apaiser leur anxiété. Mais les effets varient selon la personne, le contexte, la quantité et la concentration en THC.

Le cannabis contient deux substances principales. Le THC est responsable des effets psychoactifs. Le CBD a des propriétés anxiolytiques, c’est-à-dire qu’il réduit l’anxiété, et il atténue les effets du THC. Or la concentration en THC a fortement augmenté en France, tandis que celle de CBD a diminué. Ce déséquilibre augmente le risque de bad trip et de crise de panique. Selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), la teneur moyenne en THC de la résine est passée de 12,3 % en 2011 à 29 % en 2023.

Le bad trip : le reconnaître

Un bad trip est une intoxication aiguë. Il se traduit par :

  • une angoisse intense, pouvant aller jusqu’à l’attaque de panique ;
  • des tremblements et des sueurs froides ;
  • des difficultés à respirer et des palpitations ;
  • parfois des hallucinations et de la confusion.

Il débute souvent par une « crise blanche » (malaise, vertige, nausées), puis vient une forte angoisse, avec le sentiment qu’on va mourir. S’y ajoute parfois un sentiment de dépersonnalisation, c’est-à-dire l’impression d’être détaché de soi-même, très angoissant.

Qui peut en faire un ?

Tout le monde : consommateurs réguliers ou occasionnels, dès la première prise. Le bad trip est en général imprévisible, mais certains facteurs augmentent le risque :

  • un produit très concentré en THC, ou une grande quantité ;
  • le mélange avec l’alcool : voir cannabis et alcool ;
  • consommer en étant fatigué ou angoissé ;
  • de fortes appréhensions, notamment lors de la première consommation.

Que faire face à un bad trip ?

En général, cet état ne dure pas et ne laisse pas de séquelles. L’angoisse s’apaise spontanément à mesure que le THC est éliminé.

Si une personne fait un bad trip, il est conseillé de :

  • ne pas la laisser seule ;
  • la conduire dans un lieu calme ;
  • la rassurer jusqu’à ce que les effets se dissipent.

Toute consommation expose à des risques et il est toujours préférable de s’abstenir. Pour limiter le risque de bad trip, Il est recommandé de ne pas consommer si vous vous sentez fatigué, stressé ou appréhensif, et d’être avec des personnes de confiance, dans un cadre rassurant.

Après un bad trip : quand l’angoisse persiste

Un bad trip est une expérience traumatisante. Il peut laisser une anxiété durable, la peur qu’une crise se reproduise, qui demande parfois une prise en charge spécifique. Des crises d’angoisse peuvent même revenir sans nouvelle consommation : on parle alors de trouble panique (psychiatre interrogé par Santé publique France).

Plus largement, le cannabis peut provoquer des troubles passagers (anxiété, crises de panique, paranoïa, état dépressif) qui disparaissent en général en quelques semaines, parfois avec un traitement ou un soutien psychologique. Si vous ressentez une méfiance ou des idées étranges qui persistent, voir cannabis et psychose.

Fumer pour calmer son anxiété : un cercle vicieux

Certaines personnes consomment du cannabis pour apaiser leur anxiété. Les personnes qui souffrent de troubles anxieux ont d’ailleurs un ont d’ailleurs un risque plus élevé d’addiction, en partie parce qu’elles recherchent des substances apaisantes.

Le lien va dans les deux sens. L’usage régulier est associé à davantage de troubles anxieux, de phobie sociale et de troubles dépressifs. Selon l’expertise de l’Inserm de 2014, l’effet du cannabis sur l’apparition de troubles anxieux durables est modeste et n’est pas définitivement établi : l’anxiété précède souvent la consommation.

Et le soulagement ne dure pas : des symptômes anxieux apparaissent après une courte période sans cannabis : irritabilité, nervosité, envie irrépressible de consommer. Ils disparaissent quand on reprend, ce qui entretient la consommation. Ce sont des signes de dépendance au cannabis. Le même mécanisme existe avec l’alcool : voir alcool et anxiété.

L’anxiété à l’arrêt du cannabis

Quand on arrête, l’anxiété fait partie des symptômes de manque les plus fréquents : stress, boule au ventre, poids sur la poitrine, irritabilité. Ces symptômes atteignent un pic vers le 3e ou le 4e jour, puis disparaissent progressivement en quelques semaines.

Des symptômes physiques, comme des sueurs ou des maux de tête, sont possibles : ils sont pour la plupart liés à cet état anxieux. L’arrêt peut aussi révéler une nervosité ou une anxiété que la consommation masquait. Le sport, la sophrologie ou la relaxation peuvent aider. Pour le détail des symptômes et de leur durée, voir le sevrage du cannabis.

Se faire aider

L’anxiété se soigne. Selon l’Inserm, la plupart des personnes qui ont un trouble anxieux répondent bien à la psychothérapie, notamment la thérapie cognitivo-comportementale, et aux médicaments, seuls ou associés. Le médecin traitant est le premier interlocuteur.

Pour la consommation de cannabis, vous pouvez vous adresser à un CSAPA (centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie), gratuit et confidentiel, ou à une consultation jeunes consommateurs (CJC) entre 12 et 25 ans. Drogues Info Service répond au 0 800 23 13 13, de façon anonyme et gratuite.

Pour une vue d’ensemble, voir la page cannabis. Pour découvrir l’accompagnement proposé par Eos Care, voir le programme Eos Care.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un bad trip au cannabis ?

C'est une intoxication aiguë qui se traduit par une angoisse intense, des tremblements, des sueurs froides, des difficultés à respirer, des palpitations, parfois des hallucinations, de la confusion, voire une attaque de panique. Il peut survenir chez tous les consommateurs, même lors de la première prise, et il est en général imprévisible. Fumer un produit très concentré en THC ou le mélanger avec de l'alcool augmente le risque.

Combien de temps dure un bad trip ?

En général, il ne dure pas et ne laisse pas de séquelles : l'angoisse s'apaise à mesure que le cannabis est éliminé. Il peut toutefois laisser une peur durable de nouvelles crises, qui nécessite parfois une prise en charge. Si des crises reviennent sans nouvelle consommation, parlez-en à un médecin.

Que faire si un ami fait un bad trip ?

Il ne faut pas le laisser seul, le conduire dans un lieu calme et le rassurer jusqu'à ce que les effets se dissipent. Si son état vous inquiète (malaise, difficultés à respirer, confusion importante, perte de connaissance), appelez le 15 (Samu) ou le 112, le numéro d'urgence européen.

Le cannabis calme-t-il l'anxiété ?

Certains consommateurs l'utilisent pour apaiser leur anxiété, et la détente fait partie des effets recherchés. Mais l'usage régulier est associé à davantage de troubles anxieux, et des symptômes anxieux apparaissent après une courte période sans cannabis, ce qui pousse à reconsommer : ce sont des signes de dépendance. L'anxiété se soigne : psychothérapie, notamment cognitivo-comportementale, et médicaments si besoin (Inserm).

Est-ce normal d'être anxieux quand on arrête le cannabis ?

Oui, l'anxiété fait partie des symptômes de manque les plus fréquents, avec l'irritabilité et les troubles du sommeil. Ces symptômes atteignent un pic vers le 3e ou le 4e jour, puis disparaissent progressivement en quelques semaines. L'arrêt peut aussi révéler une anxiété que le cannabis masquait : n'hésitez pas à en parler à un professionnel.

Article rédigé par l'équipe éditoriale Eos Care

Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis médical personnalisé.

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